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samedi 3 décembre 2016

Émotions de Poète

Le fondement réel de la poésie
Qui a tout le temps intéressé.
Ceux qui aiment les mélodies
Et à toutes les époques données.

Le poème est une confession
Dont il faut vraiment être fier,
Ils dégagent de vraies émotions
Et de solides sentiments sincères.

Les quatrains, c'est le pardon
Aux amoureux femmes hommes.
Pour qu'ils fassent très attention.
Aux vicissitudes plus qu' énormes.

Les fins rimeurs dédient leurs vers
A toutes les beautés toutes crues
Aux couples qui ont les bras ouverts
Et qui ont toujours lu,tenu et voulu.

Persuadés que l'honneur parviendra.
Aux poètes, une reconnaissance
Et ça sera des moments de joie
Plus merveilleux que leur naissance.

Émotions de Poète
Poetics by Mera™

Riahi Med Déc 2016.
Tous droits réservés ©

jeudi 15 septembre 2016

Volez ! Volez haut jolis papillons de mai

Mon joli papillon :

De Marc Herranz
Quelques brèves syllabes en esthètes ! Un papillon se prend la tête dans un esprit de belle fête ! Comme un éclair un peu plus poème, un peu moins poésie de belles paroles et de belles niaiseries, un papillon un peu japonais, un peu haïku s’est envolé prestement dans le léger printemps d’un appartement ! Il a gagné l’expérience existentielle du creux d’une main au repos d’un instant ! Voilà une belle luciole, un peu seule, un peu plus solitaire, un peu moins folle qui prend son vol et qui s’envole ! Tous les érudits, tous les sinologues avertis sont le fruit rare de cette belle contemplation ! Une pensée en écart !
Jolie photo d'un chat et papillon

Papillons ! Vole ! Vole ! Joli papillon ! Volez ! Volez haut, jolis papillons de mai ! Une idée du bien et du beau en équilibre rare ! Une beauté parfaite dans l’esprit miraculeux d’une alliance avec l’extrême fragilité d’un idéogramme en densité, transposé en musique et en douce musicalité, harmonique et mesurée ! Un face à face avec le réel nous prend au col ! Les sens s’éveillent au miracle d’une belle journée, en générosité au respect, à la tolérance, à la compassion, à l’amour d’une belle et tendre amitié ! Tous feux éteints, les motos passent dans la nuit programmée ! Tous feux allumés, la liberté des justes nous apporte la paix ! C’est un message de sérénité ! Vole mon joli papillon printanier !

Un papillon en épi sur un arbre ! Un petit papillon épris d’un arbre en parapluie ! Un léger papillon qui s’en va sur une branche et une autre branche pour se suspendre à un joli chapeau ! Un autre sur un chapeau de mariage coloré de mille fleurs printanières ! Un qui a de la joie et de la gaieté à faire partager ! Au dessus de l’eau, une libellule danse aussi dans une belle danse qui virevolte comme un petit poème en frôlement d’intention sur mon âme qui croit en Dieu ! Nous sommes seuls dans un chemin creux ! Une jeune fille au turban bleu se fait douce et mélodique au plus haut des cieux ! C ’est un ange de passage ! Papillons ! Vole ! Vole ! Joli papillon ! Volez ! Volez haut, jolis papillons de mai !
Beautés printanières
C’est une œuvre rare de méditation à la Vermeer qui enchante le ciel d’un bleu azur radieux ! C’est ainsi ! Le papillon agile souffre de mille efforts au pays merveilleux de la lumière éternelle à l’infini des mondes rêvés douillets et audacieux ! Dans un baiser à la lune, une jeune fille en perles rares se fait gourmande d’une grappe mûres ! Toute la mer est entrée dans la chambre ! Toute la rumeur océane et marine s’est faite houle et rumeur iodée, au firmament d’une voix lactée ! Une oie sauvage s’en est allée ! Notre ombre, nos désirs, nos peurs en bonheur ! Notre fausse dualité, notre découverte progressive d’un chêne, d’une pluie, d’une solitude ! Nous apprenons sur nous-mêmes sur le respect, le courage, la sagesse et nous nous éveillons baptisés, consacrés ! Papillons ! Vole ! Vole ! Joli papillon ! Volez ! Volez haut, jolis papillons de mai !

Un banc de granit ! Le blanc d’une main douce et ferme qui caresse un corps en objet ! Une main douce, légère et précaire, en tendresse se fait douce douceur, à la rencontre d’une pierre d’amour universelle ! Le ressenti est mystique ! C’est une révélation vers l’infini ! C’est une seconde, fugitive en sensation, humide et agréable qui éveille les sens, dans l’intuitif éphémère d’une description à caractère de mystère ! Un pari impossible ! Le choc du désert ! Je suis sans possession et j’existe en qualité humaine et humaniste comme une petite lumière en conscience pure et parfaite ! Je suis un petit rayon infime en communion avec le ciel et la terre ! Je suis une belle philosophie intraduisible et sensible ! Vole ! Vole joli petit papillon du printemps de mai !
Charme Nature
Papillons ! Vole ! Vole ! Joli papillon ! Volez ! Volez haut jolis papillons de mai ! Je vais comme une goutte humide et silencieuse vers la rivière, comme une barque légère ! Certains s’y refuseront ! D’autres douteux et inquiétants iront sans malice aucune, boire l’eau potable et claire, de cette belle eau vénérable en belle atmosphère printanière ! Le monde est monde depuis des millénaires et toutes les sagesses de la terre nous appartiennent ! Un petit chemin de poésie nous invite à devenir pleinement homme ! C’est une couleur en éclat de Pentecôte, d’un joli papillon charmeur et charmant qui à l’instar d’une belle rose épineuse et sincère pointe haut, un singulier parfum capiteux et doré !

Dans le bois d’une belle forêt, une guêpe s’intéresse à moi ! Le bel insecte doré plane, vole et virevolte de mille secrets goulus et angoissants de vertus ! Le bel animal, fier et audacieux, se prend pour moineau sautillant au-delà des frontières, effacées des bois, des bosquets et des taillis fournis et velus ! Un papillon joue de l’accordéon ! Une douce chaleur monte et danse du ventre de la prairie ! Un bouleau jette son dévolu sur un charmant buisson ! Une rose pâle sans épine ! Une pluie glisse dans le creux d’un cou de coté ! Une vieille ruche sans abeilles se réveille ! Le vent chuchote dans les branches ! Un vieux pommier de Normandie se plaint et se courbe de grincements ! Un cheval hennit dans le pré voisin et moi je suis bien, simplement bien d’aimer la nature en aventure !

Papillons ! Vole ! Vole ! Joli papillon ! Volez ! Volez haut jolis papillons de mai ! Un seul corbeau noir raye le ciel ! Une corneille rentre chez elle tout en courant après le soleil ! Une pousse de blé dans les herbes de printemps ! Sur la colline en bocage, les vaches se taisent en troupeau ! Un petit pont sur la rivière en bordures de ronces ! Une grenouille aux yeux de pierre ! Un meuglement ! Un chien aboie ! Mon cœur se glisse contre moi et je suis bien, agréablement bien ! Un petit brin de bruyère fragile à cueillir ! Pas une feuille ne bouge ! Les oiseaux respirent le bonheur éclatant de la vie printanière et je suis toujours aussi bien ! Des cheveux couleurs cuivre et je me sens transporté en Chine ou au Japon dans le soleil de l’Orient !

Un papillon distrait s’est posé sur ma joue et tout est devenu meilleur ! Un papillon doux et léger s’est posé dans le creux de mon cou et tout est simple bonheur ! Une rose se transforme toujours après la pluie et je suis devenu fleur des champs ! Une grenouille nage obstinée sur un étang ! Le délicieux froissement de l’air d’une belle journée et le monde contemporain immobile et fragile craque en châtaigne dorée ! Une averse de printemps ! Des escargots en cagouilles traversent l’allée, la belle allée, sans parapluie et l’on aime les poires en formes de seins de ce joli poirier ! Les broussailles bruissent de mille trouvailles ! Les guêpes s’appliquent à accompagner le vol d’une mouche ! Un champ de tournesols ! Une cabane en fond de jardin ! Une eau sombre en mare qui stagne et qui se fait miroir écarlate ! Des passereaux ! Des ramiers ! Le vent qui passe ! Un chat me regarde du blanc de l’œil et baguenaude ! Les souris plaisantent au loin avec de jolis mulots ! Et mon âme voyage sans se plaindre dans le lointain car je suis seul et solitaire à ne rien faire de ma belle vie et j’angoisse d’être seul et solitaire pour demain et tous mes lendemains ! Papillons ! Vole ! Vole ! Joli papillon ! Volez ! Volez haut jolis papillons de mai !
Printemps japonais
Un rouge gorge se rengorge d’amour et d’amitié ! Le bonheur est partout dans l’équilibre harmonieux, d’une vie heureuse et généreuse ! Un papillon s’éclate à la volée parfaite, sur un champ de fleurs irisées et colorées ! Un moucheron se noie dans le verre d’eau d’un joli minois ! Des glaïeuls couchés dans la brume matinale se lissent sans rancune et éclatent de rire à en mourir sous l’averse qui les plissent une nouvelle fois ! Un vieux vigneron ! Un joli papillon ! Un champ à grillons ! Une petite vipère passe et ondule pour un souriceau ! Une petite fille parle de son collège et de son brevet sur le chemin de l’école ! Un nuage orangé ! Une tête de coté bien maquillée ! Un rouge à lèvres rouges pour une jeune fille en fleurs qui assume sa fierté d’être jouvancelle ! Les glaïeuls épanouis se font certes des courbettes mais le jardin potache se prend d’une grande et belle amitié pour le chapeau de la dame ! Le papillon est un facteur qui fait sa tournée de fleur en fleur ! Les flancs des chevaux se touchent et se congratulent et les fouets vont et viennent, en mesures et en cadences assurées, pour faire échapper les mouches, les taons et les autres insectes insupportables ! Papillons ! Vole ! Vole ! Joli papillon ! Volez ! Volez haut jolis papillons de mai !
Les petits lapins disent bonjour derrière la barrière ! Les roses se penchent à l’écoute de la pluie qui bruine sauvage et qui ruisselle ! Un chat s’étire ! Une pie sautille en noir et blanc, dans un complet parfait vestimentaire, rudimentaire ! Un grillon commence une belle journée ! L’église dans la vallée rassemble les pénitents couverts à découverts ! Des poissons d’argent dans un vieil étang et des tritons ! Les grenouilles plongent d’un saut gracieux ! Et c’est plaisir à voir la nature se prendre de vie printanière, riche de manières sensibles et merveilleuses ! Le peuple de l’herbe se tait et nous sommes parfaits ! Un épouvantail se fait attaquer par un vent moqueur et farceur ! Et le sourire d’une émotion en observation ! Un sourire ! Un silence ! Une poésie bien présente mais en absence ! Un poème s’éveille au bruit de tous les sens de notre enfance en belle romance ! Un art de vivre en simplicité ! Une grâce de lucidité ! Un avant et un ailleurs ! Un corbeau croasse mais il n’est pas seul à rêver de mondes meilleurs ! Des sentiers ignorés pour franchir et traverser les broussailles de l’adolescence, aux épines insolentes de nonchalantes endurances ! Le silence en dit plus long que les belles paroles et j’aime à suivre des yeux mon joli papillon magique et merveilleux ! Papillons ! Vole ! Vole ! Joli papillon ! Volez ! Volez haut jolis papillons de mai !

Tous droits réservés à l'auteur © Marc Herranz

jeudi 21 juillet 2016

Poème du jour : Ton silence m’envahit

Ton silence m’envahit

Par : Med El Qoch.

image illustrant une femme en silence.

A l’heure où ton silence m’envahit
L’ombre d’un soupir évanescent,
Fuit mes lèvres gercées
Fissurées comme la terre d’été

Sans aucun murmure,
Sans aucune armure
Tu transperces de fond en comble
Cette âme inassouvie Que le destin châtie

Qu’elle s’attarde cette lumière
Que tes yeux vifs caressent
Qu’elle adoucit l’âme

Pour ne pas voir la nuit surgir
Je ferme les yeux
Et écoute mes soupirs frémir
Je m’abreuve de tes rires exquis
De tes regards au loin
Sillonnant l’horizon

Je déambule, seul
Entre deux cils si fins, tranchants
Hagard, je m’égare

Rien que ton effluve
Et tes soupirs transgressant la nuit
Ultime zéphyr

Allons bercer les ondes
Que tes yeux bleu océan
Contemplent depuis l’aube...

Images d'une jolie peinture et poésie.

Commentaire : 

L’auteur de ce poème, le talentueux poète et peintre Med El Qoch, est l’un des plus anciens élus de ce groupe puisqu’il est là depuis la création de cette page en 2009. Mais, il lui arrive, comme beaucoup d’artistes, de se sentir parfois le besoin d’observer une période de silence plus ou moins longue afin d’évaluer le parcours déjà fait et mieux se préparer à l’étape suivante. Et nous espérons que cette auto-évaluation a été effectuée et que nous ne serons plus privés longtemps de sa poésie.

Ce nouveau poème accompagné d’un tableau de peinture duquel il avait été probablement inspiré appartient clairement au genre sentimental pur où l’on chante d’habitude l’amour sublime idéal qui s’élève constamment vers le spirituel et ne dérape jamais dans le charnel.

La description de cet amour s’est concrétisée d’abord, sous la forme d’un ensemble de beaux traits abstraits et semi-abstraits dans la personne de la bien-aimée qui enchantent l’ouïe, la vision et l’olfaction mais jamais le toucher (ton silence - cette lumière que tes yeux vifs caressent - tes rires exquis - tes regards - deux cils si fins - ton effluve - tes soupirs - tes yeux bleu océan). La même description a englobé parallèlement un autre ensemble groupant les sensations éprouvées par le poète sous l’effet de ces traits et qui sont toutes chastes et pures (ton silence m’envahit- tu transperces de fond en comble cette âme - elle adoucit l’âme – je m’abreuve de tes rires exquis de tes regards – je déambule, seul entre deux cils- allons bercer les ondes que tes yeux bleu océan contemplent depuis l’aube…). Il s’agit bien entendu d’un amour rare de nos jours mais qui, comme on le voit, peut exister encore. Cependant, si le discours du locuteur a été façonné sous forme d’un expressif ( acte langagier exprimant l’état psychologique de ce locuteur) , il a été, en, revanche, parsemé, de long en large, d’images attrayantes de différentes sortes ( comparaisons , métaphores, métonymies …) à forte charge suggestive exprimant un romantisme tendre , raffiné et lyrique.

mardi 16 février 2016

Un baiser

Un Baiser !

Poème de Régis GUITTON :

image bisou d'amour chaud
Un baiser
A terre mes pieds se collent. 
Il semble que mes orteils s'accrochent au sol.

Comme s'ils étaient affamés, 
que la terre puisse ainsi les nourrir et apaiser leur faim.

Mes jambes s'étirent et veulent sans doute grandir. 
Les cuisses s'étendent, la colonne se courbe projetant ma tête en arrière.

Mes bras s'envolent, malgré la résistance de mes poings.
La bouche ouverte, je ferme les yeux.

Mon cerveau bouillonne.
Mais que m'arrive-t-il ? 

Mon torse est bombé, il semble se gonfler. 
Une force me tire vers le ciel.

La puissance d'un cœur qui voudrait planer, qui se sent si léger. 
Un cœur qui souhaite se perdre au plus haut dans les nuages,

 danser avec le vent et se réchauffer auprès du soleil. 
Puis soudain tout revient à la normale. 

Sur mes lèvres la dernière sensation si magnifique,
 se dissipe peu à peu. Elle me manque déjà. 

J'entends à peine le plissement d'une robe et des talons hauts qui s'éloignent. 
J'ouvre les yeux, au loin une femme qui s'en va....

Copyright © R. Guitton 

La séduction, les maux du cœur

Perle de cœur 
Qui germe au fond des leurres 
S'envole par l'espace restreint 
D'une faille que rien ne retient

Elle s'expose en chemin 
Diffusant une douce chaleur 
Qui masque tout à chacun
Par des sourires enjôleurs

Les désirs se réveillent
Se répandent et se rappellent
Et la raison ensorcelle

L'esquisse d'une silhouette
De ses dessins qui perd la tête
Au trouble du sang imposé 
La volonté se soumet.

Le cœur conquis s’emprisonne
Sans libre arbitre tel un robot 
Il plie les gestes et les ordonnent
Bouleverse les sens et chauffe la peau

Captiver toute l'attention
Se concentrer pour faire raison
Et dissiper d'un geste court
Les faux semblants des alentours

Image d'un Coeur Rouge Ailé
Copyright © +Régis G 
France 2016
A lire aussi : Un Baiser !

lundi 7 décembre 2015

La beauté touche les âmes

Poème du jour  : La beauté touche les âmes 

Malgré des soupirs retenus 
Des paroles cachées au fond de soi 
Chaque rayon de soleil batifole quand, enfin,
le matin se lève 
Et la brise comme un souffle caressant 

Vient défroisser les cicatrices des cœurs souffrants…
La beauté touche les âmes :
Contempler le nuage discret qui se déplace
Un oiseau inconnu se poser sur une brindille
S’abandonner 

Selon la saison, se vêtir de la couleur du ciel
Comme l’eau de la mer
Pleurer la vie avec un regard encore émerveillé 
De découvrir au loin Une ligne fragile… 
À peine ourlée…
Là où se dessine l’horizon…
l'Artiste peintre : Arcadio Cancio nature
Copyright © Francine Fortier Alberton
& l'Artiste peintre : Arcadio Cancio

Analyse & Commentaire :

L’auteure de ce poème n’est pas nouvelle sur ma liste d’amis mais, comme à mon accoutumée, il me faut suffisamment de temps pour saisir la spécificité de l’écriture d’un poète ou D'un écrivain que je n’ai pas lu auparavant.

Dans la page de cette poétesse, ses amis peuvent lire plusieurs poèmes noués en intertextualité avec des tableaux de peinture mais qui ne visent nullement à reproduire, par le biais de mots, les images, les couleurs et les formes qui y sont déposées .Ils se présentent, par contre, comme des discours expressifs centrés sur le « je », jaillissant de l’intérieur de la locutrice et à travers lesquels une âme très sensible ,passionnée se met, au cours du temps de l’énonciation, lequel est toujours un moment d’exaltation et de magnificence, à créer des liens invisibles et à établir des accords insoupçonnables entre des détails contenus dans les paysages peints d’un côté et une source de beauté sublime et mystérieuse cachée dans toute chose y compris l’intérieur de l’être humain de l’autre (des paroles cachées au fond de soi chaque rayon de soleil batifole quand, enfin, le matin se lève et la brise comme un souffle caressant vient défroisser les cicatrices des cœurs souffrants…).

Quel est donc ce lien secret qui lie « le rayon de soleil » , « le matin qui se lève » , « la brise » et « les cœurs souffrants » et « les âmes » , « le nuage discret » et « l’oiseau inconnu » , « l’eau de mer » et « l’horizon » ? Les romantiques allemands nous répondent que c’est « l’éternel devenir » ou, si vous voulez, Dieu. D’où le caractère en même temps ambigu et profond de ce discours qui essaie de dire l’indicible.

Enfin nous sommes lâ devant un dialogue indirect mais de toute beauté entre une jongleuse de mots et un artiste peintre, l’auteur de ce beau tableau : Henri Valachman.

Lire aussi :  Une femme perdue dans ses pensées, 

lundi 30 novembre 2015

Mes phobies, mes amours

Poème du jour : Mes phobies, mes amours :

Image : Arbre d'amour
MES PHOBIES, MES AMOURS.
Je tiens vraiment à aimer 
Jusqu'à ne plus me reconnaître.
Je vais devant vous, avouer 
Ce que je suis et désire être.

J’ai vu passer soixante huit hivers 
Depuis le jour qui m’a vu naître 
Je compose de longs petits vers 
Mais je garde les pieds par terre.

Mon cœur, vaincu applique sa loi.
J'écris des vers par désir d’en faire 
Et je suis devenu poète malgré moi
Sur encouragements de mon père.

Tous les goûts sont dans mon âme 
La peinture me charme des fois,
L'art est un plaisir qui m’enflamme 
Les chansons et les belles voix.

Quand j'entends son cœur, j’en rougis 
Sa délicatesse brise mes chaînes 
Je l'aime, je le dis, je signe et je l'écris
Dans l'amour il peut y avoir des peines.

lundi 2 novembre 2015

Folies de Poète

Poème du jour : FOLIES DE POÈTE.
Par : Austin Jack 
L'Amour et la Folie
Les folies sentimentales
Poèmes improvisés d'une âme libre
Je griffonne mes rêves les plus chers, 
Où ce que je sens se réfléchit et vibre 
Je relate mes ressentis dans mes vers.

Ainsi, ma folie enchaîne ma pensée 
Chaque mot frappait le cœur,le regard 
Esclave,suis la rime d'un pas cadencé 
Est-ce à cause des écrits et de l'art ?

L'idée repêchée juste et franche 
Libre par la raison, esclave pas fier 
Mon âme se consumait par tranches 
J'ai de la rime, en secret, trop souffert.

Sans l'énergie, l'esprit est faux, 
Mon encrier se brise sans regret
Ma plume est pleine de défauts,
L'encre la lie d'un pacte d'intérêt.

La passion en moi,ne peux surprendre
Si je demande aux lecteurs pourquoi 
Sans révéler ce qu'ils voulaient entendre 
La syllabe s'enfuyait vraiment loin de moi.
Tous droits réservés © 2015

dimanche 4 octobre 2015

L'amour est un Art

Elle est entre la blonde et la rousse 
Son corps luit et brille dans mes yeux 
Un très bon chocolat blanc en mousse 
Avec un goût véritablement délicieux.

Pour montrer sa beauté complète 
Elle me laisse faire, moi, le vieillard,
J'adore avec ma plume et ma palette,
Promulguer la fine culture de l’art.

Au lever du jour j'tire sans manière 
L'immaculé drap de ma blonde qui dort,
Comme une statue taillée en carrière
D'un réputé marbre tout peint en or.

La jolie femme tient absolument,
A chercher toujours avec ses doigts
D'arranger ses boucles joyeusement
Des cheveux que rien ne rend droit.

Je repère les traces de mes baisers
Sur sa soyeuse peau satinée et fine
Que la mémoire tient à immortaliser 
Au musée de la douceur féminine.

L'AMOUR EST UN ART
La femme mange une pomme - Art
® Francine Van Hove in Art
L'amour, de l'or dans sa carrière 
Il me drogue et il me parfume 
Et j'offre mon cœur dans ces vers,
Et tout ce qui est en moi s'y résume.

Son front et le mien et nos lèvres
Se touchent, comme dans un dessin
Son visage pourpre de folles fièvres
Pareil les boutons roses de ses seins.

Où l'esprit et les idées s’en vont ?
Avec les splendides plaisirs charnels 
Et je retrouve de fins désirs au fond
Dans ses jolies et belles prunelles.

Je sais que ce que je compose
Élimine la solitude qui menace,
Joie, tranquillité, sagesse et poses 
Afin que la beauté ne s’efface.

Quand le corps a sué la semaine.
L'amour réel qui est un grand art,
Sinon, il se transforme en peine,
Le bonheur arrivera trop tard.
Riahi Med © Tous droits réservés

vendredi 2 janvier 2015

Cadenas d'amour

Il y a un souvenir de nous, fermé quelque part,
un symbole de notre amour sur le pont des arts,

Un cœur sur un cadenas, une idée de toi.
nos deux noms gravés, un gage d'amour,

Bien mieux qu'une bague, ou même un collier 
pas de cœur gravé, à l'écorce d'un pin.

Ni de tatouages qui vous marquent à vie 
seulement un cadenas fermé à une grille.

T'as jeté les clés dans l'eau à jamais,
T'as dit plus besoin, il va y rester.

Tu disais m'aimer et que notre amour 
tout comme ce cadenas, durerait toujours.

La vie a passé, l'amour s'est enfui :
sur le pont des arts, toujours ce souvenir

Ce pont de Paris où l'on divaguait 
se disant je t'aime, toujours je t'aimerai.

Regarde le cadenas il y est encore,
tout comme ce symbole notre amour est fort.

Fini les baisers, y a plus d'amoureux 
seul le cadenas a promesse de vœux

Malgré les tempêtes, la pluie de la vie 
ce symbole d'amour n'a jamais trahi.

Car si les humains disent paroles vaines 
un simple métal garde les je t'aime

à l'ombre d'un pont, y'a un souvenir 
celui d'un amour sans aucun avenir.
La vérité sur les cadenas d'amour de Paris
Cadenas d'amour gravé

vendredi 5 décembre 2014

LA CULTURE

Face à la laideur du monde 
Je cherche dans l'immonde

Une place au soleil.
Il est couleur vermeil

Celui qui trouve le ciel 
D'un savoir universel.

L'ignorance est trop triste 
Quand l'inculture assiste

La vie, et son chemin.
Quittons donc le destin

Qui vit sans lendemain 
Pour atteindre enfin

La beauté de ce monde 
Et reposer dans l'onde

Ou vécut Ophélie 
Jeune nymphe enfouie 

Dans les méandres de la vie.
Je cherche l'univers 
Ou le monde à l'envers

Trouvera sans répit 
Culture et esprit.
Image de culture colorée avec une femme

mercredi 29 octobre 2014

J'ai retenu ma main

Sous un ciel orageux, lors d’une nuit instable,
Sibylline, la mort s’est assise à ma table,
Elle a pris dans sa manche un vieux tarot divin 
J’ai sorti du placard le couvert et du vin…

Sans un mot ni regard, j’ai rempli les deux verres
Puis j’ai feins d’ignorer ses œillades sévères,
D'être venue à moi pour jouer mon trépas, 
Pensait-elle vraiment me priver d’un repas ?

Dédaigneuse et prenant des façons de monarques,
Avec soin, lentement, sans faire de remarques,
Elle pointa vers moi son index contrefait 
Et se mit à sourire hautaine de ce fait… 

Lentement, j’ai goûté, plutôt fier de l’audace,
La pulpe du raisin ignorant la menace,
C’est alors que j’ai dis :  vous qui venez chez moi,
Sans même prévenir, pardonnez mon émoi, 

Je n’ai de vous que faire et point de grain à moudre,
Le temps n’est pas venu, je n’irai pas m’absoudre
Et ne saurai complice entrouvrir mon tombeau
N’attendez pas de moi que je tombe en lambeau,

De ressentir mon âme inscrite en toute chose,
Je méconnais l’effroi de la métamorphose,
Ici comme partout, qu’importe l’univers,
Nul ne m’empêchera de composer des vers !

C’est en bravant ses yeux de braises écarlates
Que d’un geste gaillard j’ai balayé les cartes,
Le vide s’est ouvert monstrueux et soudain
Mais avant de tomber, j’ai retenu sa main…

Tous droits réservés © Philippe Lemoine
Ce poème symbolique se distingue par l’extrême subtilité avec laquelle a été conçu son noyau sémantique et la richesse des significations qu’il connote .

Construit sur la dualité : mort / vie, son auteur se place énergiquement dans la lignée des poètes romantiques allemands qui, sous l’influence de la philosophie de volonté de Friedrich Nietzsche ( 1844 – 1900 ) et contrairement à leur homologues français , adoptèrent les idées du défi de la mort et l’attachement ferme et inébranlable à la vie et influencèrent à leur tour, entre autres, les grands poètes arabes Gibran Khalil Gibran ( 1883 -1931 ) et Aboulkacem Chebbi (1909 -1934 ). Le grand Chebbi n’a-t-il pas donné à son unique recueil ce titre très significatif : « les chants de la vie » ? et n’y a-t-il pas dit :

Je vivrai malgré la maladie qui me ronge 
Et les ennemis qui m’assaillent 
Tel L’aigle sur le sommet le plus haut 

C’est exactement le choix pour lequel opte l’auteur de ce poème, en le clôturant par ces deux vers :
Le vide s’est ouvert monstrueux et soudain, Mais avant de tomber, j’ai retenu ma main ...
Mais notre poète ne s’attache pas uniquement à la vie. Il clame aussi à haute voix son dévouement perpétuel pour sa vocation aussi bien dans ce monde-bas que dans l’au-delà :

De ressentir mon âme inscrite en toute chose,
Je méconnais l’effroi de la métamorphose,
Ici comme partout, qu’importe l’univers,
Nul ne m’empêchera de composer des vers !

Cependant, ces deux liens ne font, en réalité, qu’un, car le poète n’a pas d’autre vie hors de son univers poétique qu’il sent éternel et impérissable et que la mort est incapable d’en venir à bout.
Et ici retient surtout notre attention la conception que l’auteur a de la poésie, laquelle, loin d’être un simple art de versification, est VIE , une voie tracée et un engagement pour l’éternité.

Sur le plan du style, l’auteur a usé finement de la technique de retardement, en ne dévoilant l’idée charnière du texte que dans les deux ultimes vers .D’un autre côté , la narrativisation du poème lui a conféré beaucoup de suspense.

vendredi 24 octobre 2014

Le poète qui passait par là

Le poète Qui passait Par là


Le poète 
Qui passait 
Par là 
Celui qui est 
Toujours seul 
Sur son banc 
Qui marche seul 
Dans la nuit 
Avec son regard 
Lointain 
Celui qui donne 
Le pesant 
De son plaisir 
Avec bienveillance 
Avec joie 
Même si le temps 
Lui manque 
Il te laissera 
Toujours 
Une place 
Près de lui 
Pour parler de toi 
Pour parler 
De tes souvenirs d'hier 
Broder dans 
Ces vieux chemisiers 
Que l'on a porté 
Tous, toutes
Pour faire plaisir 
Aux parents 
Mais
Le poète 
Qui passait 
Par là 
N'est pas que ça 
C'est celui 
Qui a eu des 
Haut et des bas 
Comme toi 
C'est un 
Homme 
Ordinaire 
Préférant 
Les couchers
De soleil 
L'été 
Que l'hiver 
Le sourire 
Aux pleurs 
Mais jamais 
Trop loin 
Pour déposer 
Tes pleurs 
Sur son épaule 
On vit qu'une fois 
Donner une écoute de soi 
Est précieux à l'autre 
Il écrira pour vous 
Des mots d'amour 
Des mots de tous les jours
Une partie de lui 
Vous sera remis 
En un instant 
Car il prendra 
Ce temps 
A faire 
Le bonheur 
De ceux qui 
Veulent 
Avec la poésie 
L'accord de soi 
Que l'on joue 
Au calme 
A chaque note 
De guitare 
Dévoiler 
A autrui 
Je suis là 
Je serai là bas 
Mais tu ne me verras jamais 
J'ai appris que les plus belles choses
Sont celles qui viennent au hasard
Là ou on ne les attend jamais 
C'est pour ça que je te veux 
Écris moi encore et encore 
Au hasard de la vie 
On se retrouvera 
Et l'on s'aimera 
Sincèrement 
Car la vérité est là

Image d'un Poète
L'Auteur : Didier Hippon \ Tous droits réservés

En poésie, Il est des questions sur lesquelles les avis ne sont que rarement uniformes, notamment celles qui se rapportent à l’essence de cet art ( Qu’est-ce que la poésie ? ) et de sa finalité ( Pourquoi et pour qui l’écrit-on ? ). Certains poètes éprouvent parfois le besoin d’y répondre afin de mieux situer leurs activités au sein de cette très ancienne pratique linguistique qu’aucune définition n’a pu jusqu’ici en percer les secrets. Et la preuve en est que le poète, en général, est tantôt relégué au rang de l’errant menteur (Dieu a dit dans le saint Coran : « Quant aux poètes, ce sont les égarés qui les suivent. [225] Ne vois-tu pas qu’ils errent au gré de leurs caprices, [226] et qu’ils se vantent de choses qu’ils n’ont jamais accomplies ,Versets 224 et 225 ), tantôt élevé au rang d’un prophète ( Comme chez Gibran Khalil Gibran ou Aboulkacem Chebbi par exemple ). Le prophète Mahomet avait même son propre poète , Hassen Ibn Thabit qui le défendait contre ses ennemis.

Pour l’auteur de ce poème, le poète est, avant tout, un chercheur de mots-joyaux et de mots-remèdes répondant aux deux critères de beauté afin de faire profiter le récepteur de leur effet esthétique et de signification profondément humaine pour nourrir son esprit et son âme d’idées et de sensations sublimes (broder dans ces vieux chemisiers - faire plaisir aux parents ) et alléger sa souffrance (déposer tes pleurs sur son épaule ).Et étant donné que cette fonction est au delà des possibilités de l’homme commun, le poète, grâce aux dons hors pair dont il jouit, est là pour se substituer à lui et lui offrir, à la fin, les fruits de sa quête ( il écrira pour vous des mots d'amour des mots de tous les jours une partie de lui vous sera remis ).Et c’est pour cette raison que le poète a besoin de retrait et de contemplation (celui qui est toujours seul sur son banc qui marche seul dans la nuit avec son regard lointain ) .Un poème-manifeste qui montre la grande évolution qui s’est produite dans la vision de ce poète guadeloupéen émigré à Paris par rapport aux premières années atroces qu’il a passées dans cette ville où il se sentait exclu et marginalisé.

Après cette douloureuse expérience, le voici qui se hisse au rang d’un guérisseur des maux d’autrui. Le style, quant à lui, est toujours conforme aux caractéristiques que nous connaissons: une langue simple et communicante influée par le dialecte de l’auteur et un rythme intense généré par l’accourcissement excessif des vers .Une bonne mention Little bravo :) !
Copyright © Article publié par : ® Mohamed Salah Ben Amor

jeudi 16 octobre 2014

Une femme perdue dans ses pensées

Une femme perdue dans ses pensées

Au loin 
Une femme perdue dans ses pensées 
Semble porter tout le poids du monde 
En elle 
Le silence se prolonge 
À cause de la température du moment 
Les couleurs du ciel 
Ne sont jamais pareilles 
La femme porte la main 
À la hauteur de ses yeux 
Pour mieux 
Regarder le coucher du soleil 
C’est son rituel 
Depuis si longtemps
l’art pictural d'une femme
Artiste-peintre Jean-Pierre Deleau
    Fidèle à son accoutumée, l’auteure de ce poème ,férue de peinture, se plaît à dialoguer avec dans ses écrits avec les tableaux qui la séduisent et la convainquent en tant que connaisseuse avertie dans cet art.

    Ce dialogue ne se déroule pas, du côté de la poétesse sous forme d’un discours raisonné et argumenté à l’instar de celui des critiques mais selon les normes essentielles de l’écriture poétique et en premier lieu l’interprétation subjective du tableau dont il est question et l’exploitation à fond, dans un but esthétique, de la charge émotive des mots et leur force suggestive. Néanmoins , la nature visuelle de l’art pictural n’offre pas, en général, au poète l’occasion d’imaginer, à ce niveau, des détails autres que ceux exécutés par l’artiste peintre. Ce qui l’amène, de ce fait, à porter son attention sur les éléments non perceptibles par l’œil tels que l’état d’âme (Semble porter tout le poids du monde ), le silence (le silence se prolonge) ou la température (cause de la température du moment ), et ce, dans le souci de compléter le travail de l’artiste en remplissant les cases vides qu’il a laissées et qu’il ne pouvait, lui-même remplir à cause des contraintes spécifiques à son art...

    D’autre part, le poétesse n’a basculé pas dans l’explication didactique de l’image peinte de la femme mais elle a tenu, par contre, à préserver son aspect nébuleux et diffus afin de ne pas nuire à la poéticité de son texte. Et le résultat est un beau tableau en mots qui n’a rien à envier au tableau original fait de formes et de couleurs. Un poème court mais finement écrit et élégamment conçu !

mardi 3 décembre 2013

Depardon : plus paysan que Grand Palais

Je découvre Raymond Depardon sur le tard. La célèbre série « Manhattan Out » avait déjà été enregistrée quelque part dans mon cerveau mais je n’étais jamais allée plus loin. Dans les années 80, le photographe français avait réalisé une série de clichés en noir et blanc, pris sans cadrage, presque au hasard, au détour des rues de Manhattan. Ça donne un ensemble d’instantanées prises à la volée, comme arrachées à un quotidien banal mais sublimées par une quasi-science du moment qu’il maîtrise –ou possède naturellement. Les visages, les postures en mouvement, le courant d’air dans une chevelure, le regard pensif, le bras qui se transforme en ligne de composition… D’infimes détails qui rendent ces photographies « que tout le monde auraient pu prendre » incroyablement riches en émotion.







Né en 1942 à Villefranche-sur-Saône, Depardon a démarré par du photojournalisme dans le Sahara notamment, pour une mission lambda commandée par une agence. Dès le début, je remarque que sa science de l’instant le propulse sur des évènements imprévus. La mission initiale, qui n’autorisait que peu de naturel, est finalement le cadre d’un fait divers (quelques jeunes partis chasser la gazelle qui disparaissent mystérieusement), il part alors filmer le commando des recherches. À son retour, son reportage fait la une des journaux télévisés les plus connus. C’est le début de sa carrière.
Aux quatre coins du monde, il couvrira la guerre d’Algérie, du Vietnam mais sera aussi un véritable paparazzi. Il réalise également de nombreux documentaires comme « L’approche », « Le quotidien » et « La vie moderne » qui constituent la série « Profils paysans » et dans lesquels il filme la vie de tous les jours d’une poignée de paysans de sa région natale. J’ai regardé « L’approche » après avoir vu l’expo du Grand Palais. Déjà, je ne me suis pas endormie, c’est assez rare pour le souligner. Ensuite, j’ai été extrêmement touchée ; chaque plan est une œuvre d’art, et pourtant, rien ne s’y prête. Un bout de rideau vieillot sublime un cadre, la répétition du rituel « café du matin » filmée sur tous les habitants d’une maison sonne comme un ballet philosophique, le tremblement d’une main est un rythme, le clair-obscur d’une pièce est un tableau de maître… L’approche est sensible, prudente, incertaine, les paysans ont mis énormément de temps à accorder la confiance au photographe, cela se ressent, on sent qu’à n’importe quel moment, ils peuvent s’en aller, trop gênés et nous, spectateurs, sommes tenus en haleine par cette corde sensible, ce facteur imprévisible. Impudiques et voyeurs, nous nous imprégnons rapidement du nerf des familles ou des gens seuls mis en scène. En plus d’une claque sociale, c’est un roman humain, on découvre des personnalités, bien que peu cultivées, ultra intelligentes. Une leçon de vie et le résultat d’un œil chanceux. Oui, chanceux. La chance, ça se provoque, alors tout l’art de Depardon est sûrement de la provoquer. Oui l’art, oui le cadrage, oui la science MAIS, Raymond a aussi beaucoup de chance. Car ce n’est pas lui qui demande au chien de passer à la minute 42 en travers du plan, juste après le départ symbolique du couple de paysans en camion, ce n’est pas lui qui demande au soleil de venir se baigner dans le creux du visage de cet homme qui nous raconte ses peines et ce n’est pas lui non plus qui fait mourir un des personnages principaux en plein milieu du docu (enfin j’espère !). Bref, le don de l’instant plutôt que la science de l’instant. Je l’admire pour ça.

Screenshots de "L'approche"




En ce qui concerne l’expo du Grand Palais, elle n’est pas transcendante. Insuffisante à mon goût (même avis pour mes deux accompagnateurs), je n’ai pas compris la logique du chemin, pas de véritable retraçage chronologique. Regroupées par pays de temps en temps, mais par format le plus souvent. Pourquoi pas. Depardon a fait tellement de choses différentes qu’il est effectivement difficile de tout regrouper et d’ordonner son travail. Mais là, c’était trop de tout. J’aurais préféré moins de diversité et plus de profondeur.
On découvre tout de même des clichés peu connus. Ci-dessous ceux qui m’ont poussé à sortir mon appareil photo Pomme.
 
Argentine

Liban

Liban

Étretat

Glasgow

Honolulu (je suis rentrée dans la photo)

Il paraîtrait que le ticket du Grand Palais donne accès à l’autre rétrospective à la Cinémathèque (ah, je voulais mettre un lien mais c'est terminé, super !). En attendant, je vous conseille vraiment la série de documentaires sur les paysans. Allez voir par là.


Sinon, saviez-vous que c’est Raymond Depardon qui a réalisé le portrait officiel de François Hollande ? Maintenant oui !





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