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lundi 23 septembre 2013

Laurent Gagné et Ben Flop


Itinéraire d’un week-end gâté

Vendredi, 21h, rendez-vous à la Cidrerie du Marais avec deux amies. Rien d’intéressant dans cet évènement à part que je voudrais souligner la qualité de ce restaurant. Et pourtant, ça me fait un peu mal au cœur de l’avouer. C’est donc une crêperie, ambiance tradi, bolées de cidre et tables en bois, comme il y en a beaucoup à Paris. Je ne sais pas si c’est parce que la farine est directement importée de Bretagne ou bien si le Sri-lankais en cuisine a un vrai diplôme mais les galettes de la Cidrerie sont vraiment meilleures que toutes les autres que j’ai essayé (pas si loin d’ailleurs, comme la crêperie Suzette rue des Francs-Bourgeois, beaucoup trop chère ou la Bretagne Fleurie, rue de Charonne, pâte trop fine). Pourquoi ça me fait mal au cœur de l’avouer ? Car j’y ai travaillé et les patrons sont des connards, sans rentrer dans plus de détails. Alors pour que j’aie envie d’y retourner en fermant les yeux sur les poches que je remplis assurément, c’est vraiment que c’est délicieux, au point que j’en rêve parfois la nuit. Bref, c’est au tout début de la rue de Sévigné, et je vous conseille d’y aller.

Une fois la panse bien remplie, nous nous rendons à l’UFO, rue Jean-Pierre Timbaud. Pas forcément fan de ce quartier à bars et trottoirs étroits mais bondés, j’y vais à reculons. Une bonne surprise toutefois, cette Caïpirinha à 5 euros très bien dosée. Allez-y si vous aimez le rock, le rhum et la proximité.

Nous ne tardons pas trop car le dernier métro pour Pigalle nous attend. Direction la Machine du Moulin Rouge où Laurent Garnier est invité par la clique Clekclekboom. Bizarre, me dis-je en voyant ce line-up. Habitué aux « all-night long », que fait notre Laurent national avec ces enfants du Social Club ? Combien de temps va-t-il jouer ? Est-ce un piège ? Je sentais bien le truc genre en warm-up entre 23h30 et 0h ou alors de 5h30 à 6h. Mais en fait non.

Arrivée dans une salle surchauffée (d’ailleurs je crois qu’elle s’appelle la Chaufferie), je peine toujours à prendre mes repères dans ce club immense et peu connu. Hormis le Rex club (dont les invités ne me laissent pas le choix), j’évite à tout prix ces endroits où on ne peux plus sortir, où on est enfermés pour de longues heures, entre asphyxie, sueur et tabac. Heureusement, la Machine bénéficie d’un haut plafond et de petits recoins quasi reculés, heureusement aussi, la sécurité ne peut pas contrôler tous les fumeurs clandestins car fumoir là-bas = enfer (égalité avec Nouveau Casino).

Bref, après renseignement, j’apprends que Laurent jouera de 2 à 4. Une tournée au bar pour se mettre en jambes ; je suis confrontée à cette ordure de barman dénué de toute indulgence et ouverture d’esprit qui se moque ouvertement de mes amis « différents » sans jamais se demander à quoi il ressemble lui-même (au choix : -un gros beauf ; -un mec qui danse de la tektonik ; -un membre de boys band qui a fait faillite. –Plusieurs réponses possibles.)
Ça m’énerve mais je reste silencieuse, voulant éviter un gâchis de soirée à cause d’un élément qui n’en vaut pas la peine.

Direction le petit perchoir-balcon donc, pour avoir un peu de place. Laurent commence. Notre place est parfaite. La foule est plus que réactive, la lumière froide à tendance épileptique l’anime parfaitement, une impression de 3D en ressort, vagues de bras, sifflements mêlés aux sons aigus qui s’échappent des platines, sourires perceptibles… L’ambiance, c’est sûr, elle est là ! J’aimerais être à la place de monsieur Garnier. Ce dernier, parfaitement à l’aise, jouera jusqu’à 5h30. Bah oui, qui voudrait l’interrompre ?
En plus d’être le maître des tracks sorties de nulle part que personne n’a jamais entendu, en plus de maîtriser la technique parfaitement -évidemment-, ce mec est quand même un sacré caméléon. Au Rex, au Panorama, au I Love Techno ou à la Machine, rien à voir ! Monsieur s’adapte à merveille au public et aux djs qui le précèdent/succèdent (quand il y en a). Là, c’est donc ambiance énervée, kids, mdma et donc beaucoup de montées en puissance renversantes, sans jamais laisser le temps de redescendre, un set qui nous tient en haleine, qui nous emmène, qui nous fait arborer un grand sourire en permanence. La foule nous nourrit, le nourrit aussi, il renvoie la pareille et tout le monde participe à rendre magique l’énergie qui règne dans la salle.

Après avoir subi l’invasion du balcon où nous prenions place, nous redescendons vers un bar avec des barmen plus sympas. On est dans le passage, mais c’est pas grave. Chaque ami croisé nous paye un coup, on reste donc à cet endroit un bon moment. Après m’être illégalement procuré un bracelet backstage, je deviens complètement autiste, je n’ose aborder Laurent. Mais pourtant, il est bien là, souriant, accessible, détendu, tchatchant avec une jeune minette blondinette. Je cherche une clope. Je demande à tout le monde, y compris à lui, comme si de rien n’était. Je me sens ridicule. Lui me répond « non » après avoir marqué une pause de 2 secondes genre « tu me demandes vraiment une clope là ? Sans me complimenter sur mon travail ? ». Erfff. Bref. Le reste du line-up a plutôt bien pris la relève du chef, je ne me suis pas trop attardée car nous avions croisé beaucoup d’amis près du bar. Taxi flou, retour dodo habillée.

Toutes les alléchantes propositions (ensoleillées en plus) du samedi après-midi tombent à l’eau de mon aspirine. Je flâne et me rassure en me disant « je me rattrape ce soir ». Effectivement, il valait mieux être en forme pour attaquer le Cabaret sauvage ce samedi. Ben Klock, Planetary Assault System, Psyk et DVS1. Technotechnotechno. Ça faisait longtemps. J’étais heureuse. Munis de nos préventes, nous nous y rendons tôt et faisons une queue considérable. Je me rends alors compte que je n’ai jamais acheté ma prévente. Je ne cessais de répéter toute la semaine à mes amis « prends ta place, prends ta place ! » et ne l’avais pas moi-même achetée. Merde, 28 euros, je n’étais pas tout à fait prête à les sortir. Le destin a décidé pour moi, arrivée devant la grille : « plus de places en vente ». « Mais depuis quand ? Y’en avait quand on est arrivés ! ». « Les dernières viennent d’être vendues mademoiselle, mettez-vous sur le côté ».
J’insiste pour empêcher mes amis de faire les solidaires, les pousse à l’intérieur et rentre me coucher. Ben Flop.

Ce n’est peut-être pas plus mal, je ne louperai pas mon train à 9h du matin pour Marseille. Aller-retour donc dans la journée, bain de soleil et devoirs familiaux, je rentre, me disant que je n’aurais jamais pu faire une journée aussi intense après une nuit blanche. Un doux podcast de Delano Smith m’attend sur Input Selector. Une bonne nuit clôturant un week-end décousu.


Ah et j’ai lu que « la masturbation, c’est faire l’amour avec quelqu’un qu’on aime vraiment », ça m’a fait sourire. C’est de Woody Allen. Et ce sera l’objet de mon prochain article.

Des pots de fleurs suspendus aux grilles surplombant les rails entre Gare du Nord et La Chapelle. Poésie inattendue.

mardi 23 juillet 2013

Joyeux drilles en espadrilles ; Steffi mon amour



Les espadrilles, y’a que moi qui les portaient, mais ça faisait joli dans le titre. C’est fou, je venais de les acheter et mes pieds ont été instantanément infectés ! Il faut dire que j’ai travaillé tout le samedi et foulé le parquet du Cabaret Sauvage avec. Verdict : ce type de chaussures est exclusivement conçu pour les poser sur une chaise longue ou sur la table après manger dans la cour chez Mamie. En tout cas, mes amis s’en souviennent depuis que je les ai retirées le dimanche matin (qu’est ce qu’il faisait chaud !).

Steffi, elle, ne les a pas senties. Steffi, c’est celle que l’on appelle « the first lady of Berghain ». À vrai dire, elle n’a même pas levé un œil sur nous, concentrée sur ses platines, elle nous a administré un set incroyable, sans jamais nous lâcher une seule seconde ; un set tout en tension, tout en puissance et en force. Impossible de quitter la piste, exit les douleurs aux espadrilles et les besoins de pisser ; haletante et hypnotisée, la foule communiait avec la prêtresse avec panache et sans relâche.

Levon Vincent, qui lui a succédée, paraissait bien fade tout d’un coup. J’ai préféré aller poser mes pieds sur une des chaises longues de la terrasse pour garder le goût de Steffi dans la bouche (oui, c’est sexuel, c’est fait exprès). Comme quand, exceptionnellement, je ne veux pas de dessert car ma viande avec la sauce aux cèpes était trop délicieuse.

Vu au Cabaret

Je suis sortie du chapiteau complètement satisfaite, j’étais venue pour elle, j’ai eu ma dose. On nous promettait la suite des événements à 14h. Oui mais en attendant ? Mes joyeux drilles et moi sommes donc allés nous affaler sur les pelouses à proximité. Vivant au gré de l’ombre et d’un handicapé qui nous observait, posté devant nous, à intervalles réguliers. Un monsieur apéro nous a même localisé, et, moyennant 1 million d’euros, nous a ravitaillé.
Je me suis synchronisée avec mon iPhone et ai décidé de partir au moment où la batterie était morte, tant pis pour la « Endless Circle », mon cycle à moi, il a une fin ! Le trajet du retour, insurmontable, nous a valu une pause bière arrivée à bon port. Ça y est, j’étais vraiment fauchée.

Une épopée soyeuse, fluide et facile en conclusion. Je vous offre ce mix de la First Lady, qui est soyeux et fluide aussi ; rien à voir avec la claque sous tension qu’on s’est pris samedi, mais tout aussi bon !


En ce moment sinon, je vis un moment d’excitation intense ; j’attends que le patron de la boîte où je fais mon stage m’appelle pour me dire, ou non, qu’il m’embauche. Je pense lui parler d’énergie et de cœur/courage. Croisez les doigts pour moi, j’ai un loyer à payer !


Si vous vous aimez, aimez moi aussi là !

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